Vous vous demandez d’où peut bien venir la chanson drôlatique et exotique « Sous les palétuviers » immortalisée par Pauline Carton et le brave André Berley. Ne cherchez plus ! Il se trouve dans l’opérette Toi c’est moi , premier succès de Moisés Simóns. L’ouvrage fait un tabac aux Bouffes parisiens. Le livret est d’Henri Duvernois (en Duvernois, je suis moi et peut-être toi), les paroles sont d’Albert Willemetz à qui l’on doit Phi-Phi, Là-Haut ou « Félicie aussi ». Compositeur cubain d’origine basque, Simóns s’est installé à Paris avant d’être arrêté par les nazis qui croyaient qu’il était juif. Envoyé en camp de concentration, il en est sorti exsangue en 1942 avant de mourir à la fin de la guerre. L’histoire n’est pas très drôle, mais elle nous rappelle avec sagesse que la gaieté la plus forte vient souvent d’un dépassement des pires avanies.